Lobbyisme chez les centres de conditionnement physique

Stéphan Dussault, journaliste au Journal de Montréal, rapporte aujourd’hui que le réseau de centres d’entraînement Nautilus Plus a embauché un lobbyiste pour presser le gouvernement d’intervenir contre certains de ses concurrents. Nautilus Plus accuse ces derniers de ne pas respecter la Loi sur la protection du consommateur et, ce faisant, de lui faire une concurrence déloyale. Sur le Registre des lobbyistes du Québec, l’entreprise poursuit :

Malgré les nombreuses plaintes et dénonciations de pratiques illégales que nous avons exposées à la direction de l’Office de Protection du Consommateur, nous constatons que nos requêtes n’ont pas donné de résultats probants. L’absence d’intervention souhaitée afin de faire cesser les pratiques contraires à la loi place notre entreprise dans une situation de concurrence déloyale particulièrement sévère et a pour effet de mettre son avenir en péril.

La Loi sur la protection du consommateur contient des articles qui s’appliquent spécifiquement aux « studios de santé » — c’est-à-dire les centres de conditionnement physique. La loi interdit les abonnements ayant une durée de plus d’un an, de même que leur renouvellement automatique. Le client du studio de santé a aussi la faculté de mettre fin à son abonnement pendant un certain temps après sa conclusion. Pour plus d’information, je dirige le lecteur curieux vers le site de l’Office de la protection du consommateur.

Ces articles visent à éviter que les consommateurs ne se trouvent pris au piège dans un abonnement de longue durée. Le cas typique est le consommateur qui, après la période des Fêtes, prend la résolution de se remettre en forme… et qui, finalement, abandonne l’entraînement après une semaine ou deux.

En gros, ce sont ces normes que Nautilus Plus reproche à ses concurrents de ne pas respecter. On peut supposer que cette accusation est dirigée spécifiquement vers les plus petits joueurs du marché, les entreprises indépendantes qui peuvent plus aisément passer sous le radar des autorités. Les grandes bannières, qui ont les moyens de faire de la publicité dans les médias de masse, risqueraient beaucoup si elles choisissaient d’éluder la loi, en s’exposant à des poursuites onéreuses — on pense ici à des recours collectifs.

Ultimement, c’est l’Office de la protection du consommateur qui est chargée de veiller au respect de la Loi sur la protection du consommateur — et c’est donc vers celle-ci que Nautilus Plus se tourne pour demander l’application de la loi.

Cependant, dire que l’OPC n’agit aucunement en matière de centres de conditionnement physique serait inexact : le rapport annuel 2013-2014 de l’organisme classe ainsi 11% de ses interventions juridiques dans la catégorie « exécution successive et studios de santé ». Bien sûr, cela ne regroupe pas uniquement les cas liés aux studios de santé, mais on peut penser qu’ils occupent une part importante de cette rubrique.

Ajouter un commentaire